À quel "jeu" joue le Ministère de l’Éducation Nationale avec les assistants-es sociaux-ales ?

 

La concertation sur la "Circulaire des missions des assistants-es de service social" avait démarré il y a trois ans dans le cadre des chantiers métiers, jusqu’à ce que le ministère l’interrompe.

 

Le dialogue social dans notre ministère est bien souvent malmené, une convocation à un nouveau groupe de travail a été envoyée par le ministère dans des délais variables selon les organisations syndicales, sans que l’on puisse comprendre les critères de représentativité, qui ont conduit à de tels choix.

 

La réponse de l’administration quant à cette différence de traitement a été édifiante : «

C’est le jeu ! Peut-être que nous n’avons pas envie de travailler avec des syndicats qui font du chantage aux postes ! »

 

Conditionner la parution d’une circulaire importante pour le service public au positionnement des organisations syndicales sur les créations de postes, montre le peu de cas fait du dialogue social.

 

Le projet de circulaire acte le redéploiement progressif des AS du second degré vers le premier degré des REP+. Les priorités fixées par le MEN sont :

  • Les collèges des réseaux d’éducation prioritaire et les écoles en REP+,
  • Les collèges du secteur rural accueillant des élèves issu-s-es de milieux sociaux défavorisés,
  • Les collèges avec SEGPA, ULIS, dispositif relais ou classe d’accueil pour élèves allophones,
  • Les lycées professionnels,
  • Les établissements avec internat.

 

Et tout cela sans les postes nécessaires !

 

Les AS doivent donc se préparer à quitter collèges et lycées non estampillés "défavorisés" pour aller s’occuper des maternelles et primaires.

Le ministère a fait la leçon aux syndicats sans se soucier de l’intérêt des élèves, il entérine le désengagement des collectivités territoriales et organise l’accroissement de la charge de travail pour les assistants-es sociales-aux.

 

En ne donnant pas les moyens nécessaires au service social, le MEN fait le choix d’aggraver les inégalités territoriales et de détériorer l’accès au service public pour des milliers d’élèves.

 

Les élèves et leurs familles seront les premières victimes, et les conditions de travail des AS vont encore se détériorer.

 

La CGT Educ’action  rappelle la revendication essentielle : la création de postes d’AS en nombre suffisant afin qu’elles et ils puissent exercer leurs missions dans le respect de leur éthique et de leur déontologie.

 

Elle demande à la Ministre de mettre un terme à une situation inadmissible et souhaite qu’une reprise des discussions puisse se faire sur d’autres bases. 

 

La lettre au format :