Madame la Première Ministre,

Vous prenez vos fonctions dans un contexte où plus que jamais nous avons besoin d’un service public de l’Education renforcé. Or l’Ecole publique et laïque a subi de profonds bouleversements ces dernières années. La multiplication des réformes imposées à marche forcée et le manque chronique de moyens ont dégradé les conditions de travail des personnels et des élèves. Une politique salariale inadaptée aux défis des rémunérations des personnels a conduit à un recul du niveau de vie des personnels. Les personnels aux plus faibles rémunérations en particulier les AESH, les AED, la plupart des contractuels se trouvent dans une précarité inacceptable. Le déficit d’attractivité des métiers de l’Education nationale et de l’Enseignement agricole public s’amplifie année après année.

 

 

L’augmentation mécanique du SMIC va entrainer une 4èmemodification de la grille indiciaire des AESH depuis sa création. Ce n’est donc pas un choix politique mais une application stricte de la loi concernant les bas salaires.

Dès l’origine la CGT Éduc’action avait dénoncé cette grille indigne à l’égard d’agent∙es dont on ne reconnait toujours pas la valeur professionnelle, ce qui passerait obligatoirement par la création d’un emploi statutaire de la Fonction publique d’État.

Seuls les échelons 1 et 2 (entre 0 et 6 ans d’ancienneté) sont concernés par cette revalorisation. L’indice serait porté à 352, ce qui conduit à un indice identique sur les deux échelons. Il ne restera plus que 3 points d’écart avec le 3ème échelon. Pourtant, le gouvernement s’est félicité de cette grille qui prévoyait +10 points d’indice entre chaque échelon. Cela aboutit quasiment à un salaire identique pendant 9 ans ! Inacceptable.

 

 

Les résultats du 2ème tour ont écarté la menace de l’extrême droite. Pourtant, si l’on regarde les chiffres de plus près, les idées d’extrême droite n’ont jamais été si présentes dans notre pays et le nombre de voix qui se sont portées sur Marine Le Pen au 2ème tour a augmenté par rapport à 2017 alors que le nombre de voix pour Emmanuel Macron a baissé. Le nombre des abstentionnistes a quant à lui considérablement augmenté.

Entre un barrage à l’extrême droite et le choix pour « le moins pire », autant dire que la réélection du président Macron est loin d’être un plébiscite ! Être élu avec 38,5 % des inscrits ou inscrites, c’est bien peu pour attaquer la retraite et l'Éducation nationale !

 

 

Après le 10 avril, construisons la riposte !

 

À l’issue du 1er tour des présidentielles le duel Macron/Le Pen que beaucoup d’entre nous redoutions, aura bien lieu. C’est un coup terrible pour celles et ceux qui portent un projet de transformation de la société pour la justice sociale, prenant en compte les enjeux environnementaux et l’émancipation de toutes et tous.

La CGT Éduc’action s’est toujours mobilisée contre l’extrême droite. Parce que les idées réactionnaires et xénophobes n’ont pas leur place dans notre société, parce que les travailleurs et les travailleuses, comme le reste de la population, n’ont rien à gagner à voter pour un parti qui allie racisme et idéologie ultralibérale. Le projet d’École que nous propose le RN est un projet rétrograde qui représente un danger pour l’École publique, pour la liberté pédagogique, la liberté d’expression des personnels et surtout pour nos élèves, en particulier celles et ceux issu·es de l’immigration : roman national en histoire, répression des élèves sous couvert de restauration de l’autorité, casse de la voie pro au profit de l’apprentissage… mais rien sur un plan d’urgence pour les moyens. Le projet politique de l’extrême droite est à l’opposé de celui que porte la CGT Éduc’action et c’est la raison pour laquelle, pour elle, pas une voix ne doit aller à l’extrême droite.

 

Soutien aux collègues de l’école Pasteur (Saint-Denis, 93) !


Après avoir été attaqué·es dans un mensuel d’extrême-droite, des collègues sont sous la menace d’une mutation-sanction par le DASEN de la Seine-Saint-Denis et le recteur de l’académie de
Créteil !

Depuis le début de l’année scolaire, les collègues de l’école élémentaire Pasteur à Saint-Denis ont alerté la DSDEN 93, en envoyant des fiches SST et RPS, concernant la non organisation de l’école et la mise en danger des élèves et des enseignant-es. Sans avoir reçu l’équipe enseignante, le DASEN 93 et le recteur, au lieu de réunir un CHSCT extraordinaire, décident de diligenter une enquête administrative.