Le « tout va bien » de Jean Michel Blanquer nous envoie dans le mur.

 

La réunion de ce jeudi matin 1er avril entre les organisations syndicales et le cabinet du ministre Blanquer est loin d’avoir apporté des réponses à nos questions légitimes. Pour la CGT Éduc’action, la fermeture des écoles et établissements scolaires (alternance d’enseignement distanciel et de vacances sans zonage) est certes une réponse sanitaire nécessaire mais c’est surtout un nouveau camouflet pour JM Blanquer. C’est le résultat du déni dans lequel il s’est enfermé depuis des semaines malgré la dégradation de la situation, les alertes lancées par les personnels et les organisations syndicales, mais aussi de son inaction et des faibles décisions sanitaires prises par son ministère.

 

 

Chronique d’une catastrophe annoncée


En fin de semaine dernière, le nombre de classes fermées a augmenté de 60% pour atteindre 3256. Devant ce triste record, Jean-Michel Blanquer se devrait de réagir. Pourtant, les annonces du ministre lors de la conférence de presse du vendredi 27 mars n’ont rassuré ni les personnels ni les familles.

L’annonce de la fermeture de classe dès le premier cas est, certes, positive mais arrive tardivement. Depuis des semaines, les organisations syndicales réclament des mesures renforcées dans les établissements pour enrayer la contamination. Par exemple, le manque criant de remplaçant·es dans le 1er degré, pour lequel nous ne cessons de tirer la sonnette d’alarme, n’a pas été pris en compte si bien qu’en cas d’absence d’un enseignant·e, ses collègues se répartissent les élèves et par là même accentue le brassage.

 

 

Non-remplacements dans le Premier degré :


à l’État de prendre ses responsabilités.

 

Depuis plus d’an, la crise sanitaire a démontré l’utilité des Services publics, et plus particulièrement celle des écoles et établissements scolaires.
Mais cette crise et sa gestion ont surtout souligné le manque constant de moyens pour le bon fonctionnement du Service public d’Éducation. Le gouvernement et les autorités de Santé ont instauré des protocoles sanitaires visant à protéger les élèves, les familles et les personnels. Si de telles dispositions sont indispensables, nous condamnons le fait que cela soit fait sans moyens conséquents. L’instauration du protocole sanitaire sans personnels supplémentaires a considérablement dégradé les conditions de travail des personnels.
Comment imaginer que les écoles et les équipes seraient capable de faire respecter correctement, et sur le long terme, tous les gestes barrières ou d’éviter les brassages entre les différents groupes-classes alors qu’elles cherchent, avant tout, à organiser au mieux les temps scolaires avec des manques constants de personnels enseignants ?

 

 

Grève du 06 avril

Pour nos salaires, nos emplois et notre Service public d’Éducation

La crise sanitaire a démontré que les Services publics étaient indispensables à notre société, à tou∙tes les usager·ères et particulièrement aux plus fragiles. Cette crise a aussi souligné le manque criant de moyens pour leur bon fonctionnement. Si les services hospitaliers sont saturés, c’est avant tout parce qu’ils subissent des années de restrictions budgétaires. De même, si le protocole sanitaire est difficilement applicable dans l’Éducation nationale, c’est parce qu’il manque des personnels et des locaux. Tout ceci entraine une augmentation de la précarité dans toute la Fonction publique. C’est préjudiciable pour tout le monde et fait reposer l’effort principalement sur les seul·es agent·es.

La crise sanitaire a accentué la précarité dans notre pays et les femmes sont les premières touchées. La journée internationale des droits des femmes du 8 mars a été l’occasion d’insister sur cette situation préoccupante : les métiers les plus précaires et les plus mal payés, de ceux qu’on appelle les travailleurs·euses invisibles sont en grande majorité exercés par des femmes. Y compris dans la Fonction publique où 67% des contractuel·les sont des femmes et qu’elles occupent à 70% les 10% des postes les moins rémunérés.