Le Petit Cahier N°66 : Le télécharger  

Publication nationale 1° degré de la Cgt Educ'Action

N°66 Mars 2021

Sommaire : 

 

Edito  p 2 
Le mot du mois p 3 - 5
Louise Michel p 6 - 7
Carrière p 8 - 9
Professeur∙es des écoles p 10 - 13
ALS p 14 - 15
Notes de lecture p 16


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le guide d’évaluation du contrôle continu :
 
le lycée du contrôle et du tri

 

Le corps des inspecteurs généraux de l’Éducation nationale vient de publier et de diffuser aux enseignant·es un guide d’évaluation du contrôle continu pour le bac 2021. Outre le fait édifiant de voir arriver un tel guide alors que le deuxième trimestre est quasiment terminé, la CGT Éduc’action condamne avec la plus grande fermeté son contenu.

En effet, l’introduction de ce guide révèle sans fard les deux principales raisons d’être du bac « Blanquer », pour celles et ceux qui en doutaient encore :

- la première : ce guide doit « garantir […] la confiance que les établissements d’enseignement supérieur peuvent avoir dans l’évaluation menée par les enseignants dans les lycées ». Traduction : puisque, désormais, tou·tes les élèves n’ont plus le droit d’accéder à l’université, c’est aux lycées, via Parcoursup, de permettre aux établissements d’enseignement supérieur de faire leur marché parmi les élèves.

 

 

Jean Michel Blanquer poursuit sa politique de destruction de la voie professionnelle sans tenir compte de la crise sanitaire exceptionnelle que nous subissons.

Il prétend en faire une voie d’excellence, mais en réalité, aveuglé par son idéologie libérale, il n’a de cesse de l’ignorer, de la démanteler et de l’appauvrir.

  • De l’ignorer, comme le prouve sa communication concernant les adaptations de la session 2021 du baccalauréat général et technologique. Il n’y a qu’un paragraphe concernant les examens dans la voie professionnelle, dans lequel il multiplie les approximations et les oublis, laissant ainsi les personnels dans l’incertitude. Les CAP et l’épreuve orale qui comptera pour moitié dans l’obtention du chef-d’œuvre ne sont pas évoqués. La mise en place de ce dispositif est un échec et les élèves de CAP ne pourront pas être évalué·es équitablement pour cette session 2021. Ces élèves, qui conjuguent les difficultés, ne doivent pas essuyer les plâtres de cette épreuve orale. Pour l’intersyndicale, dans le contexte sanitaire actuel, il est indispensable de neutraliser la session 2021 du chef-d’œuvre.

Pétition pour la neutralisation du chef-d’œuvre

 

 

DES LYCÉES PROFESSIONNELS SOUS-FINANCÉS ET SOUS-DOTÉS

 

L’assèchement des ressources budgétaires des lycées professionnels

En 2014, la part barème de la taxe d’apprentissage (financement des équipements des lycées technologiques et professionnels) était déjà passée de 43% à 23%. La loi Pénicaud de septembre 2018 achève le sous-financement des lycées professionnels en faisant passer la part hors quota, rebaptisée solde de la taxe d’apprentissage de 23% à 13%. Les types d’établissements qui peuvent y prétendre ont explosé. Ainsi, en 2021 les lycées pro et technologiques devraient toucher 28 millions d’euros alors qu’ils percevaient 50 millions avant la réforme, sans aucune compensation de l’État ou des Régions. Les 87% restant vont à l’apprentissage. De plus, l’État a débloqué plus de 1 milliard d'euros pour soutenir l'apprentissage. On voit quelles sont ses priorités ! En attendant les lycées professionnels et les SEGPA voient leur budget baisser de façon importante.

 

 

Loi 4 D : double autorité, désordre, dérive et destruction

 

L’avant-projet de loi de décentralisation 4D présenté par le gouvernement en décembre 2020 annonce une nouvelle vague de décentralisation dans l’Éducation nationale. Après la médecine scolaire, ce sont les adjoint∙es gestionnaires et les gestionnaires qui seraient concerné∙es par la mise en place d’une double autorité pour ces personnels. Qu’est-ce que cela apporterait de plus ?

Cette double autorité poserait de grandes difficultés pour se situer et accentuerait forcément une perte d’autonomie pour les adjoint∙es gestionnaires de catégorie A ou B qui ont des missions de conduite de projets et non d’exécution. Être à la fois sous l’autorité de la collectivité tout en restant sous celle du/de la  chef∙fe d’établissement serait une source permanente de conflits. Le fait d’être fonctionnaire d’État permet de maintenir une distance face aux injonctions des collectivités qui peuvent être intrusives mettant en péril la gestion des établissements au bénéfice des personnels et des élèves en EPLE.